Il y a déjà plusieurs mois, Gretel a inventé une histoire en pensant à Nathan. Je le trouve bien jolie et cette attention me touche beaucoup. J'ai envie de la partager avec vous aujourd'hui.

Voici ce qu'elle m'a écrit:

"Le soir en couchant les enfants, je leur ai demandé d'avoir une pensée pour une petit garçon qui s'appelle Nathan, ils ont voulu en savoir plus mais je n'en savais pas vraiment bcp plus sur vos deux. Alors on a décidé d'inventer une histoire, et puis comme il fallait un loup (l'indispensable personnage qui fait peur) on l'a ajouté. L'histoire a évolué un peu chaque soir et j'ai fini par la coucher sur papier. Ca n'a pas aucune ambition littéraire c'est juste une petite histoire inventée par nous 3 autour d'une Camille et d'un Nathan".

et voici son histoire :

"Il était une fois une bergère qui habitait dans un chalet de bois dans la montagne. Elle vivait seule en compagnie de ses moutons, de son gros chien et de son petit chat.Ses journées de travail étaient longues et difficiles mais c’était ainsi que Camille  aimait vivre :

- elle se levait aux aurores pour traire les brebis,

- elle prenait ensuite son déjeuner

- puis, elle partait avec son troupeau dans les pâturages,

- elle pique-niquait chaque jour,

- elle lisait pendant que ses bêtes paissaient,

- puis elle redescendait vers son chalet en fin d’après-midi pour traire à nouveau les brebis et rentrer les animaux dans la bergerie.

Mais jour après jour, les taches quotidiennes lui semblaient de plus en plus difficiles, elle était fatiguée, sans énergie, et malgré toute l’aide d’Eliot son chien fidèle, elle n’arrivait plus à travailler correctement.

Bientôt elle comprit qu’elle attendait un bébé et cette nouvelle la rendit folle de joie. Son énergie revint doucement et elle reprit sa vie de bergère, jusqu’à la naissance du bébé.

Le bébé qui arriva une nuit d’orage était un don du Ciel pour la bergère, elle décida de l’appeler Nathan.

Nathan était un bébé très joyeux qui grandissait à vue d’œil. Il suivait sa mère partout, surveillé de près par Eliot, déjà gardien des moutons.

Et Eliot avait du travail, car si les moutons avaient tendance à s’éloigner régulièrement, Nathan lui avait tendance à… s’envoler. Ce qui laissait le chien très perplexe.

En effet, Nathan était si léger qu’il quittait le sol régulièrement et sans la vigilance d’Eliot et de Camille il aurait pu s’envoler bien haut, ce qui amusait énormément Nathan, mais qui pouvait être dangereux.

Camille fit donc preuve d’astuce et pris des dispositions par garder Nathan au sol pendant qu’elle travaillait. Elle mettait des cailloux dans les poches de Nathan, ainsi elle pouvait étendre le linge pendant qu’il jouait sur sa couverture.

Elle le portait solidement attaché sur son dos quand elle montait dans la montagne.

Ce bébé n’était pas vraiment comme les autres et Camille était heureuse de sa différence même si elle lui demandait d’être une maman encore plus attentive. Nathan lui était toujours heureux et rieur, ses cheveux ressemblaient à ceux des agneaux et il avait les joues constamment roses comme Camille.

Une après-midi ensoleillée, Camille était lovée contre Nathan pour faire la sieste. Eliot, lui aussi assoupi dans l’herbe, mais néanmoins sur le qui-vive, bondit sur ses pattes quand il sentit le danger : le loup.

Les clochettes des moutons se mirent également à tintinnabuler, l’affolement les faisait courir dans tous les sens, conscients du danger. Le loup lui se tenait imperturbable sur un rocher surplombant les moutons et les dormeurs en contrebas.

Eliot s’avança courageusement vers le loup pour le faire déguerpir.

Camille, à présent réveillée, allait de mouton en mouton pour les réunir et les calmer. Nathan lui, assis en tailleur, les yeux encore plein de sommeil, assistait à la scène. Ses fesses décollèrent tout doucement du sol et il flotta doucement dans l’air, en lévitation.

Les aboiements d’Eliot redoublaient, Camille était parvenue à réunir autour d’elle son cheptel, essayant d’identifier les moutons qui manquaient à l’appel. Malgré toute sa bravoure, le loup comprit assez vite qu’il ne pourrait pas dérober un agneau ou tuer un mouton facilement aujourd’hui. Aussi raisonnablement, il regarda Eliot avec un air de défi une dernière fois et tourna les talons pour repartir en direction de la forêt.

Camille, soulagée, souffla tout l’air resté bloqué dans sa poitrine et se dirigea vers Eliot pour le remercier d’une caresse du courage dont il avait fait preuve. Elle courut ensuite vers l’endroit où elle avait laissé Nathan, mais celui-ci n’y était déjà plus.

La peur refit surface dans le cœur de Camille, elle se remit à courir en tout sens, à la recherche cette fois de Nathan.  Mais le petit garçon était déjà bien haut, plus haut que ce qui lui était habituellement permis.

Camille scrutait le ciel et Eliot imitait sa maîtresse. Camille était à la fois effrayée par l’absence de son bébé, mais également fâchée contre elle, d’avoir oublié si facilement que Nathan s’envolerait à la première occasion. Était-elle meilleure bergère que maman ? Malgré tout elle continuait de chercher la silhouette de son bébé dans le ciel sans nuage.

Nathan, lui, avait pris le parti de suivre ce nouvel animal qu’il avait découvert en se réveillant, ce monstre serein et bien maigre, qui avait (il l’avait bien vu) flanqué la trouille non seulement aux moutons, mais aussi à Camille et même à Eliot il en était sûr !

Mais le loup n’avait pas abandonné la partie comme il l’avait laissé croire, il avait vu de son piédestal un agneau qui s’était éloigné du groupe sans que la bergère ne s’en aperçoive.

Cet agneau esseulé était une aubaine pour le loup. Mais Nathan comprit les intentions du loup et sut ce qui lui restait à faire. Il fondit sur le loup tel un rapace. Avec le soleil dans le dos, l’ombre de Nathan était gigantesque et même s’il souriait au loup comme à son habitude. Celui-ci s’effraya à la vue de ce monstre venu du ciel, il poussa un cri de terreur et partit en courant la queue entre les pattes vers la forêt, sans s’arrêter cette fois.

Nathan s’approcha doucement de l’agneau il se posa à califourchon sur son dos et caressant sa toison laineuse pour ne pas l’effrayer et le dirigea lentement afin de rejoindre le groupe.

Camille toute à sa recherche désespérée de son fils, découvrit alors le curieux cavalier et sa monture à l’horizon. Elle courut vers lui pour le prendre dans ses bras et le serrer contre son coeur, si heureuse de l’avoir retrouvé. Nathan riait tant et tant de retrouver sa mère sans savoir qu’il avait failli la faire mourir d’inquiétude.

Devant la joie qu’exprimait Nathan à ces retrouvailles, Camille desserra son étreinte et comprit que Nathan n’avait pas de raison de partir au loin. Qu’elle devait lui faire confiance, qu’il resterait toujours avec elle.

Proche, même si pas toujours à ses côtés, mais plutôt un peu plus haut."